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Pourquoi écrire des poèmes ?

Pour lancer une bouteille à la mer, pour créer des liens, partager, jeter des ponts, communiquer au travers des images et de la musique.

Les deux textes qui suivent proviennent d’auteurs très éloignés par l’histoire, la culture, la distance et le temps.
En effet qu’y a –t-il de commun entre un homme-médecine sioux et un homme politique français, plus connu pour son anti cléricalisme que pour ses travaux philosophiques ?

Si ces deux textes vous parlent, alors nous avons quelque chose en commun, et je serais très heureux de pouvoir recueillir vos impressions et vos réflexions.

Merci d’avance

 

 

 

 

       

 

 

 

Archie Fire Lame Deer « le cercle sacré »

« La recherche éperdue de la vision, me dit un jour mon père, c’est la racine de notre religion. C’est l’aspiration à un rêve venu d’en haut, qui, tant qu’il durera, fera de toi plus qu’un simple humain. Celui qui n’a jamais eu de vision n’est rien, je le crois fermement. C’est comme les prophètes dans la Bible des chrétiens, comme Jésus qui peine dans le désert, ou Jacob qui lutte avec l’Ange, qui lutte pour un rêve. On entend des voix silencieuses et l’on voit avec le cœur, avec l’esprit, pas avec les yeux. On ferme les yeux afin de voir.

« Les blancs ont oublié tout cela. Leur Dieu ne s’adresse plus à eux d’un buisson ardent. S’il le faisait, ils ne le croiraient pas, ils diraient que c’est une hallucination, ou de la science-fiction.  « Une voix qui sort d’un buisson ardent ? Ce gars-là a pris une dose trop forte de LSD ! »- voilà ce qu’ils diraient. Ces anciens prophètes hébreux partaient dans le désert en priant pour recevoir une vision, mais les hommes blancs d’aujourd’hui ont fait de leurs croyances un désert. En eux, ils ont établi un désert où rien ne pousse, un lieu mort, dépourvu de rêves. Mais l’eau de l’esprit est toujours là, prête à faire refleurir le désert »

Ainsi me parlait mon père.

  Jean Jaurès « La réalité du monde sensible »

Il y a au Louvre un tout petit et délicieux tableau de l’école italienne qui nous montre une avenue étroite et mystérieuse du paradis ; il y a dans ce tableau un mélange étonnant de naturel et de divin (…) : on dirait que sous le demi-jour des feuillages un rayon de Dieu s’est mêlé aux rayons adoucis du soleil.

Pourquoi de même, dans l’univers immense, ne verrions-nous pas peu à peu, toutes les puissances de l’homme étant réconciliées avec elles-mêmes, la lumière vraie mais brutale du soleil accueillir dans ses rayons la lumière de l’esprit amie et fraternelle ? Il ne faut pas que le monde des sens fasse obstacle aux clartés de l’esprit ; il ne faut pas que les clartés de l’esprit offusquent le monde des sens : il faut que la clarté du dedans et la clarté du dehors se confondent et se pénètrent, et que l’homme hésitant ne discerne plus dans la réalité nouvelle ce que jadis il appelait de noms en apparence contraires, l’idéal et le réel.

Que le monde sera beau lorsque, en regardant à l’extrémité de la prairie le soleil mourir, l’homme sentira soudain, à un attendrissement étrange de son cœur et de ses yeux, qu’un reflet de la douce lampe de Jésus est mêlé à la lumière apaisée du soir !